San Antonio a subi un huitième revers de rang, vendredi, sur le parquet des 76ers (115-104). Cela n’était jamais arrivé sous l’ère Gregg Popovich, en poste depuis 1996.

Depuis qu’il a accepté d’occuper la fonction de coach principale des Spurs, en décembre 1996, Gregg Popovich n’a quasiment connu aucun accroc en saison régulière. Sur ses 22 dernières saisons à la tête de la franchise texane, l’entraîneur, qui a toujours emmené son équipe en play-offs, n’a passé que 74 petits jours avec un bilan négatif, un chiffre ahurissant que l’exercice 2019-2020 devrait très largement ternir.

Dans la nuit de vendredi à samedi, San Antonio s’est en effet enfoncé dans la crise en s’inclinant à Philadelphie (115-104), sa huitième défaite d’affilée. « Si vous avez quelques bons plans pour améliorer notre défense, je suis preneur », a lancé Pop aux journalistes après la rencontre, railleur mais amer.

Hormis une petite réaction d’orgueil qui leur a permis de revenir à un point en fin de troisième quart-temps (74-73), les Spurs n’ont jamais semblé en mesure de remporter leur duel de la nuit, menés de bout en bout. Popovich a tout tenté, exigeant même de ses joueurs qu’ils commettent des fautes volontaires sur Ben Simmons, d’ordinaire peu adroit aux lancers francs.

Mais cette stratégie n’a pas fonctionné et l’Australien a fini avec un triple-double (10 points, 10 rebonds, 13 passes). Face à Joël Embiid (21 points, 14 rebonds) et Tobias Harris (21 points), DeMar DeRozan (29 points) n’a pas suffi.

« Heureusement, malgré notre mauvaise série, Popovich reste extrêmement positif, il ne panique pas, relativise l’arrière. Avec lui, on garde confiance, la tête haute. » Mais la situation des Texans n’est pas enviable : après un mois de saison régulière, les voici avant-derniers à l’Ouest, avec onze défaites en seize matches – seul Golden State fait pire. Les 76ers, eux, restent invaincus à domicile (6v-0d).

Brett Brown, le coach de Philly, ancien assistant de Popovich sur le banc de San Antonio (2004-2013), avait pris en main les 76ers à la période où la franchise, adepte du « tanking » (stratégie qui consiste à perdre volontairement certains matches pour obtenir un meilleur choix de Draft), vivait ses pires années, pendant que les Spurs déroulaient le plus beau basket de la ligue. Les rôles sont désormais inversés.

Grâce au shoot décisif de Kawhi Leonard (24 points), secondé par Lou Williams (26 points en deuxième mi-temps), les Clippers ont remporté vendredi, sur leur parquet, le choc de la nuit face aux Rockets (122-119).

Le blockbuster a tenu toutes ses promesses. Un match serré de bout en bout, un nouveau one man show de James Harden (37 points, 8 rebonds, 12 passes), une exclusion (Patrick Beverley, pour six fautes), un Staples Center en fusion, un renversement de situation dans les deux dernières minutes… Mais à la fin, comme souvent puis un an, c’est Kawhi Leonard qui a eu le dernier mot.

Glacial comme à son habitude, le nouvel ailier des Clippers a rentré le game winner de la soirée à quinze secondes du buzzer (120-119), à mi-distance, et malgré la bonne défense de PJ Tucker. Les Rockets ont encore eu deux occasions de repasser devant, mais Russell Westbrook (22 points) a manqué sa tentative à trois points dans la foulée, et Harden n’a même pas pu déclencher son tir sur l’ultime possession des visiteurs. Les Rockets peuvent s’en vouloir : à moins d’une minute de la fin du match, ils menaient encore de cinq longueurs (112-117) !Les Californiens peuvent aussi remercier Paul George (19 points, 8 rebonds, 7 passes), mais surtout Lou Williams, invisible pendant deux quart-temps et demi (0 point) et qui a fini la rencontre avec 26 unités au compteur (plus 8 passes), enchaînant les gros shoots dans l’ultime période. Battus lors de la dernière confrontation entre les deux équipes, il y a dix jours, les Clippers prennent ainsi leur revanche et affichent désormais le même bilan que les Texans (11v-5d), devancés seulement par les Nuggets et les Lakers.

Rudy Gobert a fait parler ses qualités défensives (19 rebonds et 7 contres) pour permettre à Utah de dominer Golden State (113-109), pendant que les Mavericks ont méchamment corrigé Cleveland (143-101).

Sixième victoire de suite pour les Los Angeles Lakers d’Anthony Davis (33 points), qui en battant le Thunder (130-127), s’offrent le meilleur bilan de la ligue.

Toujours un peu gêné par son épaule droite douloureuse, Anthony Davis a failli assister au match contre Oklahoma City sur le banc, en tenue de ville. Mais le pivot, « bientôt de retour à 100 % », a fini par débuter la rencontre, et bien lui en a pris : sans leur intérieur, décisif en fin de match, les Lakers n’auraient probablement battu le Thunder (130-127), qui, jusqu’au bout, a tenu tête à la meilleure équipe de ce début de saison.

Mais les locaux, trop tendres en défense, ont fini par subir leur dixième revers de la saison, leur septième déjà par un écart inférieur à cinq points. « C’est un peu stupide, a pesté Chris Paul (18 points, 7 passes). On se bat, mais il faut qu’on trouve un moyen de gagner ce genre de match. »

OKC n’a pourtant pas grand-chose à se reprocher : quand les deux têtes pensantes des Lakers, Anthony Davis et LeBron James, cumulent 56 points, 17 rebonds et 21 passes, les pourpre et or ont déjà fait un joli pas vers la victoire… « On savait qu’ils allaient nous poser des problèmes, ils l’avaient déjà fait mardi à Los Angeles (victoire des Lakers 112-107), a noté James, le meilleur distributeur de la ligue (11,1 passes de moyenne). Mais on a fait le boulot. »Les Lakers, qui caracolent désormais en tête de la conférence Ouest (13v-2d), devraient encore améliorer ce début de saison lors des quatre prochaines rencontres, face à des adversaires largement à leur portée : Memphis, San Antonio, New Orleans et Washington affichent tous un bilan négatif.

Source : https://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/Nba-les-lakers-viennent-a-bout-d-oklahoma-city-et-prennent-les-commandes/1082896