Chaque jour un peu plus impressionnant, le jeune slovène Luka Doncic, 20 ans, a posé les bases d’une victoire humiliante de Dallas sur Golden State (142-94) en cumulant 35 points et un triple double express.

Ce fut une débandade historique. Tous blessés, Stephen Curry, Draymond Green, D’Angelo Russell, Klay Thompson, les quatre All Stars de Golden State, n’ont pas joué mercredi à Dallas et ont laissé une bande de sans-grade aux antipodes des quintuples finalistes sortant de la NBA subir la pire défaite des Warriors depuis le 21 avril 1973 et un -56 (126-70) face aux Lakers de Wilt Chamberlain et Jerry West. Un match « à jeter dans la cuvette des WC », a imagé le coach Steve Kerr.

L’adversaire de Dallas décimé (et bon dernier de la conférence Ouest), Luka Doncic s’est retrouvé seul sur des hauteurs que très peu atteignent aujourd’hui. Le héros slovène a inscrit 22 de ses 35 points dans un premier quart-temps où les Mavs ont passé la barre des 20 points d’avance après 8’17 de jeu (32-11). Le reste de la rencontre a été à l’avenant avec 36 points d’écart à la mi-temps (74-38), 48 au final (142-94) et un exceptionnel 22/38 à 3 points de Dallas devant un public hilare.Cela a permis à Doncic de ne pas trop tirer sur la machine avec seulement 26 minutes de jeu, le temps tout de même de cumuler 35 points, 10 points et 11 passes décisives. Le triple double avec plus de 30 points le plus rapide de l’histoire, alors qu’il sortait tout juste d’un autre à plus de 40 points contre San Antonio. « S’il avait continué à jouer, il en aurait sans doute marqué 50 », a résumé son équipier Tim Hardaway Jr, évoquant « la confiance extrême » qui anime Doncic actuellement.

Vainqueur à Atlanta (127-135), Milwaukee a désormais le même bilan que Boston, qui a perdu après prolongation face aux LA Clippers (107-104) pour la première du duo George-Leonard. Miami et Toronto, qui ont aussi gagné mercredi, sont juste derrière au classement.

Il ne restait qu’une seconde quand Kawhi Leonard a déployé ses bras interminables et contré le dernier tir de Kemba Walker, celui qui aurait pu envoyer Celtics et Clippers dans une deuxième prolongation. Ce choc, qui a vu pour la première fois Leonard et Paul George jouer sous le même maillot, est resté serré de bout en bout. Il est finalement revenu aux Californiens (107-104) alors que Boston l’a eu en mains (+7 à 2’20 de la fin du quatrième quart-temps) avant d’encaisser un 10-0 dans la foulée, puis de décrocher cinq minutes de plus sur un panier primé de Jayson Tatum (30 points).

Ce résultat acte la fin de l’échappée solitaire de Boston en tête de la conférence Est. L’équipe de Brad Stevens, qui finira vendredi à Denver une difficile série de cinq matches à l’Ouest, partage désormais le leadership avec Milwaukee. Les Bucks sont lancés avec neuf victoires lors de leurs dix dernières sorties et les trois quarts de leurs rencontres à domicile dans le mois qui vient.

Malgré l’absence de Khris Middleton (cuisse), les Bucks n’ont pas eu à forcer leur talent pour s’imposer à Atlanta (127-135), ce qui se lit dans la répartition équitable du temps de jeu (onze joueurs entre 12 et 30 minutes). Le coach de Milwaukee, Mike Budenholzer, a juste eu à remettre le MVP Giannis Antetokounmpo (33 points) sur le parquet quand son équipe a laissé les Hawks revenir de -19 (106-125, 47e) à -7 (119-126, 48e) en une minute trente. Sur l’action suivant sa rentrée en jeu, le Grec trouvait Sterling Brown pour un panier primé.

Ce duo de tête à l’Est est presque un trio puisque le Heat compte le même nombre de défaites (3) mais un match en moins (10 victoires contre 11). Miami, où le recrutement de Jimmy Butler est une réussite, a écrasé Cleveland à domicile (+27 à la mi-temps, 124-100 au final) avec 29 points du méconnu Duncan Robinson, auteur de sept paniers primés dans le deuxième quart-temps. « Il a hissé son jeu à un tout autre niveau », a constaté, un peu amer, le coach des Cavs John Beilein, qui l’a dirigé à l’université de Michigan, dont Robinson est sorti sans réussir à être drafté en 2018.Toronto n’est pas loin derrière non plus (10 v.-4 d.) après son succès à la maison sur Orlando (113-97) malgré les absences de Kyle Lowry (doigt) et Serge Ibaka (cheville). Evan Fournier (21 points en 28 minutes, son troisième match de suite à plus de 20 points) a été efficace mais les entorses de chevilles subies par Nikola Vucevic et Aaron Gordon, qui n’ont joué que 11 et 12 minutes, ont été de trop. Les premières radios passées par le Monténégrin, tout juste élu Joueur de la semaine à l’Est, n’ont rien décelé mais il était incapable de poser le pied par terre au moment de quitter la Scotiabank Arena.

Souvent moqué pour sa maladresse dans les tirs extérieurs, le meneur australien Ben Simmons a réussi mercredi soir le premier panier à trois points de sa carrière, provoquant une folie douce à Philadelphie.

Le match avait débuté depuis 3’40. Les Sixers étaient menés par les Knicks quand le Turc Furkan Korkmaz, titulaire en l’absence de Josh Richardson (hanche), a effectué une passe avec rebond pour Ben Simmons dans le coin droit. New York défendait alors (mal) en zone, avec un Mitchell Robinson amorphe. L’Australien en a profité et a réussi l’impensable : un trois points. Le commentateur de la station locale de NBC s’est écrié « Il l’a fait ! ». « Retenez-moi ! », ajoutait-il alors qu’une partie du public du Wells Fargo Center se levait et applaudissait. Après le match, pourtant intéressant et même renversant puisque les Knicks ont compté jusqu’à 17 points d’avance (60-77, 32e) avant de s’incliner (109-104), la très sérieuse agence AP a consacré plus de la moitié de son compte rendu à cette seule action. 541 mots pour un panier de premier quart-temps…

À part ça Ntilikina… Le panier primé de Ben Simmons aurait presque fait oublier le bon match de Frank Ntilikina, qui a battu son record de points de la saison avec 17 à 6/8, à une unité de sa meilleure performance en NBA. Mais le meneur titulaire des Knicks n’a pas délivré de passe décisive en 33 minutes.

Ben Simmons « l’a fait devant tout le monde, du fan qui a payé 8$ jusqu’à Julius Erving. Peut-être Dr Dre peut-il directement envoyer le ballon à Sprinfield, Massachussets (au Hall of Fame de la NBA) », s’est même autorisé à chambrer le journaliste d’AP.

Pour comprendre cette hystérie, il faut savoir que la maladresse extérieure de Ben Simmons, due à un tir trop plat, est presque devenue légendaire. Parce que ce spécialiste du triple double sait à peu près tout faire, sauf ça. Il a été calculé que son dernier panier primé datait de 1451 jours, et encore c’était à l’université, où la ligne est plus proche de 48 centimètres.En fait, Simmons, qui restait officiellement sur un 0/17 à trois points depuis le début de sa carrière NBA en 2017, en avait déjà réussi un en 2019. Mais c’était durant la présaison et une certaine hystérie avait déjà suivi.

« Les autres étaient un peu plus excités que moi par ça, a tempéré son entraîneur Brett Brown, dont le retour à la tête de la sélection australienne annoncé le même jour est passé par perte et profit avec un tel ”événement”. Mais comment cela ne pourrait-il pas être une bonne chose ? » Cela peut lui retirer un peu de pression, ce qu’a résumé dans la foulée Liv Simmons, la soeur de Ben, d’un tweet vengeur expliquant que « maintenant vous allez pouvoir fermer vos grandes bouches. »

Pas si sûr d’ailleurs puisque la nouvelle façon de chambrer Ben Simmons est désormais de rappeler qu’il est le joueur le plus adroit de la NBA à trois points avec 100 % de réussite (1/1). Vivement le prochain.

Source : https://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/Nba-standing-ovation-pour-ben-simmons/1082241